Une ONG : l'Association Mozambicaine pour le Développement Urbain

L'AMDU s'investit dans le développement urbain et concentre ses efforts, dans la région de Maputo, dans la réhabilitation de l'habitat des personnes touchées par les inondations. Son approche n'est pas seulement urbanistique, mais aussi et surtout social et communautaire. Cet ONG travaille avec le soutien et le partenariat de Oxfam. Nous résumons ici le rapport rédigé par Oxfam sur les actions soutenues à Magoanine.
(source : "rapport de progrès sur les actions à Magoanine (Maputo), partenaire AMDU, mars 2001", Oxfam belgium)

"Cette année, Oxfam-Solidarité a consacré une importante partie de ses actions aux aides d’urgence. Début février 2000, un véritable déluge a ravagé le Sud du Mozambique. Quelques semaines plus tard , plusieurs provinces ont été touchées par le cyclone Eline, faisant de nouvelles victimes. Ces deux événements concomitants ont eu des conséquences catastrophiques pour le pays. Avec nos partenaires mozambicains, nous avons apporté un soutien concret aux victimes des inondations. En Belgique, la campagne de solidarité a récolté près de 13 millions BEF. Sur le plan politique, nous avons saisi l’occasion pour inscrire la remise de la dette à l’ordre du jour de l’agenda politique des organisations internationales. Dans le cas du Mozambique, la dette extérieure totale s’élève à 360 milliards de francs belges. Cette dette oblige le Mozambique à consacrer une grande partie de ses ressources au remboursement de celle-ci, au détriment de l’éducation, de la santé et de la reconstruction. Le pays traverse, une fois de plus, des moments difficiles, Oxfam est activement présente ». (Johann Paquet, coordinateur d’Oxfam-Solidarité à Maputo)"

Extrait du rapport annuel 2000 de Oxfam belgique disponible en format pdf à http://www.oxfamsol.be/


voir aussi le document de Oxfam, "Le courage des Mozambicains mis à nouveau à rude épreuve" par Johann Paquet (docu pdf, requiert Acrobat reader)


La municipalité de Maputo oriente le programme global de réinstallation des personnes relogées à Magoanine Novo et a mis sur pied un organisme de coordination, la Commission de réinsertion des résidents, qui rassemble les associations et intervenant, les services publics, les représentants des résidents. Cet organisme est dirigé par le service social municipal de la Ville. L'AMDU travaille en concertation avec ces autorités, mais a cependant sa vision propre et ses méthodes. En effet l'AMDU considère que la réinstallation des l'habitant est une opportunité pour développer et renforcer la capacité des habitants à participer eux-mêmes à la reconstruction de leur milieu de vie et à s'organiser entre eux, de manière à penser à améliorer non seulement leur environnement mais aussi leur revenu.

Le développement urbain va de pair ainsi avec le développement économique et social. L'organisation des habitants les aide à obtenir des services de proximité : jardin d'enfant, poste de santé, écoles, bibliothèque, centres de ressources et à promouvoir une vie associative de quartier. Ce choix relève d'une vision sociale à long terme fondé sur l'autogestion des habitants : ainsi l'autoconstruction, encadrée et assistée sur le plan technique, est encouragée de préférence au recours à des entrepreneurs ou à l'offre de maisons terminées. .

Un tel programme requiert du temps et de la patience : AMDU prend le temps de mener des enquêtes pour identifier les problèmes et les besoins et fait des constructions collectives à la fois le moyen de la mobilisation de la population et l'aboutissement de la participation collective. D'autre part, dans la mesure où, au sein de la commission municipale de réinsertion des résidents, les intervenants sont nombreux et ne partagent pas toujours les vues de l'AMDU, le défi à relever s'avère difficile, mais sur le terrain, on constate aisément les acquis, sur les plans sociaux, même si quelque retard a pu être observé sur le plan infrastructurel.

Le programme développé à Magoanine Novo comporte trois volets : relogement, services, réinsertion. Ces trois volets impliquent directement l'ADMU qui donne cependant la priorité sur l'intégration sociale et communautaire : la prise en main et la participation des bénéficiaires, le lien avec le développement économique et l'implémentation de structures d'entraide, la dynamisation d'une vie de quartier sont considérées comme des objectifs aussi importants que la construction de logements.

C'est pourquoi l'ADMU fut un des premiers intervenants à faire une enquête auprès des gens. Elle a pu constater la diversité d'origine des habitants, venus de diverses régions inondées, qui sont regroupées dans des circonstances traumatiques et dont le préjudice subi varie selon les familles. Certains d'entre eux ont tout perdu, d'autres vivaient déjà une situation précaire, les uns bénéficient d'un soutien familial, d'autres sont isolés... Une vie sociale est à reconstruire dans cette population lotie administrativement en bloc de 16 lots, et bénéficiant chacune d'un parcelle de terrain. L'AMDU s'est vue attribuer une zone qui, en conséquence de sa politique de développement social et économique, sera vraisemblablement un autre pôle d'urbanisation.

Une équipe d'animateur constitue un lien direct entre la population et l'ONG. Son rôle est de créer une solidarité qui fera de ce lieu un espace de vie commune capable d'effacer le préjudice subi. Des animateurs sociaux accompagnent les activités économiques, sociales et culturelles tandis qu'un agronome et un architecte assurent le développement urbain et économique : démarrage d'activités de petit élevage, construction d'école, de poste de santé, d'ateliers communautaires...

Parmi les activités développées, souvent en concertation avec d'autres associations, on trouve :

  • du petit élevage, de volaille, de canard, de lapins
  • de construction de fours à inertie (fours à charbon ou à bois conçus pour économiser le combustible)
  • des cours de teinture de batik
  • l'alphabétisation d'adultes et l'installation de mini bibliothèques, et construction d'un "abri lecture"
  • campagne de prévention sur le SIDA et autres maladies vénériennes
  • du chant, des danses, des marionnettes
  • des activités sportives
  • construction. L'AMDU a apporté son appui technique pour améliorer les techniques de construction et d'aménagement de l'habitat traditionnel (la construction de cases en jonc est courante dans la banlieue de Maputo) de manière à obtenir une meilleure résistance aux intempéries

 


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